mercredi 23 juin 2010

Une découverte : le dolium qui parle !


Parallèlement aux travaux d’observation et d’enregistrement du bois de la coque qui occupent une partie de l’équipe, une autre partie se consacre à l’étude de la cargaison dispersée sur une vaste zone. L’un des objectifs de cette étude porte notamment sur la recherche de timbres susceptibles d’être conservés principalement sur l’épaule des dolia.

En 2009, malgré un brossage des dolia, aucun timbre n’avait été découvert. Cette année, l’inspection systématique et le grattage à l’aide d’une spatule métallique de la surface des dolia, situés de part et d’autre de l’axe de référence est-ouest, a porté ses fruits sur le dolium situé le plus à l’est du gisement.


Découverte d’un timbre sur le dolium 14 (Photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin)


Vue générale du dolium 14 (Photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin)


Le timbre in planta pedis (empreinte en forme de pied) est bien visible sur l’épaule du dolium. On peut lire sur le timbre : C(aius) PIRANUS SOTERICUS F(ecit), ce qui signifie « Caius Piranus Sotericus m’a fait/fabriqué ».


La marque principale in planta pedis (Photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin)


Associée au timbre, une contremarque a également été découverte où le nom de Sotericus est repris. Il s’agit d’un affranchi de Caïus Piranus qui, par tradition, prend le nom de la famille qui l’a affranchi.


La contremarque associée au timbre (Photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin)


La question est maintenant de savoir si nous avons affaire au même Sotericus qui signait les dolia du navire du Grand Ribaud D (coulé entre 9 av. J.-C. et le changement d’ère), du navire de La Garoupe (vers le milieu du Ier s.) et de celui de Ladispoli (aux environs du changement d’ère). Et faut-il pour autant en déduire, d’après les dates des naufrages, que certains des bateaux où avaient été embarqués les dolia de Sotericus auraient navigué près de 50 ans ? La suite de la campagne de fouille le dira peut-être…

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