mardi 29 juin 2010

2000 ans plus tard… le doliolum refait surface !


Selon les objectifs fixés en début de mission nous avons procédé aujourd’hui au relevage d’un doliolum entièrement conservé sur le site par 33 m de fond. Il s’agissait d’une opération complexe, sans véritable précédent dans l’histoire de l’archéologie sous-marine. Les dolia entiers connus ont été en effet pour la plupart été portés à la surface grâce aux filets des chalutiers et rarement suite à une fouille scientifique. L’opération a demandé un effort important à toute l’équipe et a bénéficié également du concours de deux démineurs plongeurs de la Sécurité Civile de Bastia.

Le doliolum, haut d’un peu plus d’un mètre et large de presque 90 cm, se trouvait à une trentaine de mètres à l’est de la coque. Bien visible sur le fond de sable blanc, il risquait en effet d’être volé ou endommagé en raison de ses dimensions plus réduites que les autres dolia.

Deux fissures observées sur l’objet in situ ne nous autorisaient aucune erreur. Face à cet objet fragile malgré les apparences, nous avons donc opté pour une technique de relevage par phases successives. Après avoir complètement vidé le sédiment à l’intérieur du doliolum et dégagé le sable tout autour pour en favoriser le déplacement, les plongeurs ont fait rouler l'artéfact dans un filet prévu pour l’envelopper et le monter à la surface.


photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin


photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin


Pour éviter de heurter le vestige de 2000 ans et faciliter le travail des plongeurs, le jalon reliant le filet à la surface a été aménagé de boucles tous les 10 m qui permettaient d’y fixer des parachutes et de remonter l’objet par paliers successifs.


photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin


A 10 m sous la surface, un plongeur a procédé à la fixation d'une unité de relevage ouverte (parachute ou « vache ») de 1000 litres qu’il a gonflé pour remonter à la surface. Le doliolum a alors amorcé son ascension pour se retrouver à 10 m du fond. Cette opération a été répétée deux fois afin de remonter le doliolum à 20 m du fond puis à la surface.


photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin


Pour rejoindre le bateau, la « vache » a ensuite été remplacée par un « chameau » (unité de relevage fermée) pour éviter que la traction ne fasse basculer le parachute qui aurait alors perdu de l’air, ce qui aurait occasionné la chute de l’objet.


photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin


Arrivé au Nosy Bé Too, une grue a permis de sortir le filet de l’eau et de le poser délicatement sur la plate-forme arrière aménagée pour l’occasion. Nous avons fait route de cette façon jusqu’au port de Macinaggio, où le service du port a pu déposer l’objet sur une camionnette à plateau.



photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin


photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin


Le doliolum a enfin été transporté et entreposé dans un bassin d’eau douce conçu à cet effet par Lila Reboul (Drassm) et mis en place gracieusement grâce à l’aide du maire de Rogliano, Patrice Quilici. A l’automne, il pourra prendre sa place au sein des salles de stockage du musée de Bastia pour attendre une affectation prochaine dans un lieu d’exposition.


photo Arkaeos/DRASSM, T. Seguin


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