jeudi 30 juin 2011

Plomb de sonde et concrétions métalliques

Lors de la fouille de la zone sud, à proximité immédiate de la coque, a été découvert un plomb de sonde en forme de cloche. La face inférieure, plane, porte un motif  en étoile à neuf branches rehaussées de points. Ce dispositif en relief sert d’accroche à la poix appliquée sous la sonde pour mieux  « récolter » les éléments indiquant la nature du fond sondé : sable, graviers, algues, etc. 
Plomb de sonde (photo T. Seguin)
 Deux concrétions métalliques, dégagées du sable dans la zone de la coque et appartenant probablement à une ancre, ont été remontées. Ces concrétions, qui sont les seuls vestiges de l’objet métallique originel entièrement corrodé, ont conservé en leur cœur la forme en creux de l’objet disparu. Leur radiographie restituera la forme initiale de ces vestiges aujourd'hui informes.  

Conférence à Macinaggio

Dimanche dernier, une conférence sur l'épave Ouest-Giraglia 2 a été donnée par Franca Cibecchini et Jean-Michel Minvielle à la Chapelle Saint-Marc. Cette conférence a permis de présenter au grand public les travaux archéologiques en cours sur le site. 

Conférence à la Chapelle Saint-Marc à Macinaggio (photo T. Seguin)

Couverture photogrammétrique

Au cours de la semaine passée, une première couverture photogrammétrique du site a été mise en œuvre. Pour ce faire, 20 petits plots, fabriqués en début de campagne,  et dotés d’une mire circulaire sur la face supérieure, ont été répartis sur l’ensemble du site. Ces mires constituent les points de repères nécessaires pour le calage des prises de vue successives, destinées à la restitution photogrammétrique qui offrira une vue en plan, métrée, de l’ensemble du gisement.
Plongeur se préparant pour la mise à l'eau et plot-mires prêts à être immergés (Photo T. Seguin)
Mires jaunes et noires positionnées pour la couverture photogrammétrique (photo T. Seguin)
En vue d’une restitution en 3D de certains dolia, un marquage du volume des plus grands fragments  a été effectué à l’aide d’un élastique jalonné de repères de couleurs . Chaque dolium fragmentaire a de plus fait l’objet d’une série de photos latérales  qui serviront de support à la restitution du volume des dolia.

mardi 28 juin 2011

Documentation des dolia in situ

Si les fragments d’amphores et de couvercles de dolia ont été remontés pour être documentés et étudiés, la taille des fragments de dolia  implique de procéder à une documentation in situ.  La fouille et le dégagement des différentes zones du site achevés, nous avons donc entrepris les prises de mesures et le dessin des dolia directement sur le fond. 
(photo T. Seguin)
 Pour obtenir des relevés cotés complétant la couverture photographique et photogrammétrique , nous avons commencé l'enregistrement systématique d’une série de mesures visant à la restitution graphique des dolia

Dessin et prise de côtes sur un fragment de lèvre de dolium (photo T. Seguin)
Dans l’incapacité de  remonter les fragments de bords pour les dessiner, nous avons immergé un conformateur en plastique pour prendre le profil des lèvres in situ. Cette adaptation du dessin de mobilier archéologique traditionnel, nous permet d’obtenir un relevé précis de la morphologie des bords de ces vases de taille exceptionnelle.
Relevé du profil de la lèvre du dolium 12 à l'aide d'un conformateur (photo T. Seguin)
Les dessins ainsi obtenus permettront de comparer les dolia de l’épave avec ceux découverts sur d’autres sites,  tant terrestres que sous-marins. Ces données nous permettront également d’estimer plus précisément le nombre de dolia présents sur l’épave Ouest-Giraglia 2 et d’observer les éventuelles différences de gabarit et de morphologie de ces grands conteneurs réunis à bords d’un même navire.

Sondages

La configuration stratigraphique du gisement, –une première couche de sable fin volatile recouvrant une couche de sable coquiller plus grossier dans laquelle est pris l’essentiel des artefacts-,  nous a permis de limiter nos objectifs à la fouille en extension des couches superficielles sur les zones de la coque et des concentrations de fragments de dolia. Nous avons néanmoins entrepris, en fin de semaine dernière, la réalisation d’un premier sondage ponctuel, pour observer le séquençage stratigraphique de la zone. 
Briefing sur le pont du Brezehan pour la réalisation du sondage (photo T. Seguin)

Un amalgame de céramiques fouillé en surface

Dans la zone du dolium n° 11, à l’Est du site, était apparu la semaine précédente, une grande concrétion sableuse amalgamant de nombreux fragments de céramiques. Parce que nous espérions que des fragments de céramiques fines aient pu y être emprisonnés, nous avons décidé de remonter cette concrétion et de la fouiller à terre.
Concrétion amalgamant des fragments de céramiques in situ (photo T. Seguin)
Nettoyage de l'amalgame sur le quai (photo T. Seguin)
Dégangage de la concrétion (photo T. Seguin)
 De la gangue sableuse, ont été dégagés un fond d’amphore portant un timbre et des fragments de panse d’amphore, des fragments de couvercles et de panse de dolia mais, à regret, aucun fragment de céramique fine pour affiner la datation du naufrage. Fond d'amphore et fragments de couvercle de dolium ont été prélevés et conditionné dans le dépôt temporaire pour être dessalés et enregistrés. Les fragments non significatifs (panses) seront ré-immergés sur le site cette semaine.
Dépôt temporaire pour la conservation préventive du mobilier archéologique prélevé sur le site (photo T. Seguin)

lundi 27 juin 2011

Prélèvement d'une section de la coque du navire

Au cours de la troisième semaine de fouille, l’enregistrement des données sur la coque a pu être mené à son terme. Un échantillonnage de bois a été prélevé sur les divers éléments architecturaux pour compléter l’étude xylologique, –définition des essences de bois utilisées à la construction du bateau-,  réalisée d’après les prélèvements effectués lors de la précédente campagne.  
Pour parfaire l’étude architecturale du navire, une demi-section de l’épave, démontée en plusieurs pièces, a été prélevée et remontée pour être observée et documentée à terre avant d’être ré-immergées sur le site. A ainsi été remontée une « tranche » du bateau constituée de la membrure M 109, d’une portion de la quille, associée à deux portions de galbord et à quatre portions de bordé. Le sciage de la quille s’est révélé particulièrement difficile, le cœur du bois étant étonnamment dense et dur, et a nécessité cinq plongées pour parvenir à découper proprement la section à prélever. 
Prélèvement de la membrure M109 (photo T. Seguin)

 Sciage délicat de la portion de quille à prélever (photo T. Seguin)

Une fois découpées, les pièces ont été soigneusement emballées de bande « velpo » permettant de les maintenir et de les protéger, puis placées dans un berceau de bois spécialement construit par l’équipe des Cherbourgeois pour l’occasion, avant d’être remontées à la main par deux plongeurs. 
Emballage de la membrure M109 (photo T. Seguin)
Positionnement de la section de quille dans le berceau pour la remontée (photo T. Seguin)
Remontée de la membrure M 109 (photo T. Seguin)
Conservés dans un contexte humide, les différentes pièces, ré-assemblées selon leur disposition originelle grâce à un support également construit à cet effet, ont été dessinées et photographiées par Carlos de Juan, en charge de la conduite sur le terrain de l’étude de la coque pour la campagne 2011.
Observation à terre de la membrure M109 (photo T. Seguin)
Les diverses observations faites ces derniers jours sur la charpente du navire semblent particulièrement prometteuses et apporteront, sans aucun doute, de considérables enrichissements à notre connaissance de ce type de navire.